GIOVANNI DELLA BIANCA ET ERNEST BERNARDY
D’une discrétion absolue, Giovanni Della Bianca était de ces artistes qui préfèrent l’ombre et la réserve … Qu’importe ! A l’heure où des restauratrices sont au chevet de la grande mosaïque dite des Légendes de Gaume, il nous semble important de présenter celui sans qui cette œuvre n’aurait sans doute jamais vu le jour.
Comme déjà expliqué, cette restauration est l’aboutissement d’un travail conséquent (étude scientifique et monitoring) pour cette œuvre monumentale située au cœur de Virton.
Si le constat d’état a bien entendu mis en évidence l’état matériel de l’œuvre, il a également permis de découvrir les dessous de sa création.
Les recherches dans les archives, menées conjointement par la restauratrice Camille Meslay et le service culturel, ont permis d’une part de découvrir les différents contrats conclus entre l’artiste et la Ville de Virton (échéancier, contexte de création, contraintes, avant – projets, etc.), mais elles ont également permis d’en savoir plus sur les collaborations qu’Ernest Bernady a pu entretenir avec Giovanni Della Bianca, mosaïste italien immigré et installé à Saint – Mard.
Giovanni Pascale Della Bianca, mosaïste de profession, est né le 09 avril 1938 à Portoguaro (Vénétie). Après un passage par Rehon en mai 1958, il s’installe à Saint - Mard avec son épouse Nelly et ses enfants en juillet de la même année.
Très vite, il se lie d’amitié avec Ernest Bernardy et l’initie à la rigoureuse technique de la mosaïque.
Les témoignages de la famille Della Bianca ainsi que celui de Jean – Pierre Bernardy concordent : les deux hommes ont créé, ensemble, la plupart des mosaïques toujours conservées de nos jours sur le territoire communal.
En 2021, Jean – Pierre Bernardy témoignait : « mon père dessinait le motif à la craie au sol, d’après un croquis à l’aquarelle. Ensuite il posait les tesselles directement sur le dessin à l’endroit, puis collait au papier kraft de transfert sur la belle face avec de la gomme arabique. S’opérait alors le découpage des zones à reporter d’environs 40X40 cm. Les morceaux de mosaïques étaient collés avec du mortier sur l’enduit en ciment du mur. Le papier était enlevé dans le frais. L’ensemble était ensuite rejointoyé et comme beaucoup de tesselles tombaient il fallait les replacer et les recoller au mortier. Ensuite, un joint était appliqué pour refixer l’ensemble. Il était aidé dans sa pratique par Giovanni Della Bianca qui avait appris la mosaïque en Italie dans sa jeunesse et lui avait expliqué la méthode ».