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Histoire de Virton

La Gaume

L'entité de Virton est située en Lorraine belge. La géologie de cette région est constituée de couches de roches tendres (argiles, sable, marne) et de roches dures (grès, grès calcaire et calcaire). Ces roches, juxtaposées les unes sur les autres, sont datées du jurassique (de -201 millions d'années à -145 millions d'années).
Cette alternance stratigraphique a donné naissance au paysage typique de la Gaume et aux fameuses cuestas, ces côtes allongées d'est en ouest, présentant un profil caractéristique avec une pente raide au nord et un revers en pente douce exposé au sud.
Il existe trois cuestas :

  • la sinémurienne (la Semois) ;Virton
  • la charmoutienne (le Ton) ;
  • la bajocienne (le Vire).
     

L'appellation géologique correcte est Lorraine mais elle est souvent délaissée au profit de la Gaume. Ce mot s'applique à une région linguistique dans laquelle est parlé le patois gaumais, variété du lorrain (langue latine apparentée au français) et Patrimoine Culturel Immatériel. Le dialecte gaumais se distingue clairement du dialecte germanique de la région d'Arlon, Athus et Aubange. On peut même dire que ce patois fixe les limites de la Gaume. Ces dernières correspondent globalement à l'arrondissement de Virton et comprend 10 communes : Virton, Rouvroy, Meix-devant-Virton, Saint-Léger, Musson, Florenville, Chiny, Etalle, Habay-la-Neuve et Tintigny.

Préhistoire et Protohistoire

Polissoirs de Saint-Mard

© IRPA


Les traces d'occupation humaine pendant la Préhistoire en Gaume sont ténues.
Concernant la période néolithique (soit approximativement 4000 ans), période au cours de laquelle l'Homme se sédentarise et pratique l'élevage et l'agriculture, on peut citer la découverte de quelques haches polies, de quelques pointes de flèches (Chenois, Ethe, Latour, Saint-Mard & Virton) mais surtout des polissoirs de Saint-Mard.
Ce sont trois énormes blocs de quartzites abrasifs sur lesquelles des haches et autres outils en silex néolithique ont été polis.
Ces polissoirs d'un autre temps peuvent être observés à proximité du ruisseau du Bruzel (près de Solumont). Sur ces roches, on peut encore voir les traces laissées par le frottement des haches.

Mégalithe de Gomery (le dolmen)

Il est plus juste de l'appeler mégalithe que dolmen (du grec "megas" grad et "lithos" pierre). En effet, les résultats des fouilles réalisées sur le site sont très pauvres et le matériel mis au jour (matériel lithique ou céramique) rend difficile l'attribution précise du lieu.
Le "dolmen" reste donc un mystère. On ne sait pas s'il s'agit d'une sépulture collective ou d'un mégalithe naturel.
En effet, un dolmen est une tombe ou plutôt la tombe de plusieurs individus. Lors de l'inhumation, on y dépose des ustensiles de la vie courante : outils, armes,... Mais à Gomery, aucun ossement et très peu de matériel ont été retrouvés. D'où la difficulté d'attribution même s'il est presque certain que la site a été pillé.

L'éperon barré du Chatelet à Ethe

Cette fortification protohistorique est également appelée Montourdon. Elle s'inscrit dans un système de défense plus vaste, qui comprend le célèbre promontoire de Montauban à Buzenol, ainsi que la Tranchée des Portes et la Dent de Chien à Etalle.

L'époque gallo-romaine

Le Vicus de Vertunum

La ville antique occupait +/- 40 hectares sur le flanc d'une large vallée alluviale.
Ce vicus (petite agglomération avec un statut administratif cultuel, culturel et d'une certaine importance) appartient à la Cité des Trévires dont la capitale est Trèves. Contrairement au vicus d'Arlon (Orolaunum), le vicus de Virton (Vertunum) n'est pas situé le long d'une grande chaussée romaine. Toutefois, il est relié à la chaussée Reims-Trèves par des routes plus petites au niveau de Stabulum (Etalle) et Epoissus (Carignan).
Les fouilles archéologiques plaident pour une fondation aux alentours du premier siècle de notre ère. Les contours de la ville sont mal définis car l'habitat moderne a détruit la plupart des vestiges. On suppose qu'une partie du vicus pourrait se situer sous une partie du village actuel de Saint-Mard.
Deux nécropoles ont été mises au jour. On sait que la civilisation romaine interdit l'implantation des cimetières à l'intérieur des villes (pour des raisons d'hygiène et de croyances). Dès lors, les nécropoles délimitent bien souvent les limites de ces agglomérations.
La première nécropole est située rue de la Clochette, la seconde rue d'Harnoncourt.
Les fouilles archéologiques ont permis de mettre en lumière plusieurs choses :

  • le centre du vicus devait se situer entre la rue JF Grange, la rue Piessevaux et la tranchée du chemin de fer. Gérard Lambert a d'ailleurs fouillé sous l'église Saint-Martin de Vieux-Virton et a mis au jour 4 caves de 4 habitations distinctes. Elles ont été détruites lors d'un violent incendie du milieu du 3ème siècle. Des provisions s'y trouvaient toujours.
  • il existait un grand édifice thermal de plus de 600m2
  • il existait un temple
  • le quartier des artisans se situait sur le plateau de Mageroux. Les archéologues y ont découvert des vestiges de fours de potiers, de fours à chaux, des traces du travail du fer, du bronze et de l'os.

Des objets assez cocasses mis au jour à Mageroux sont des moules de faux-monnayeurs en terre cuite (+/- 700 dans les années 60 et 80, auxquels s'ajoutent 200 autres mis au jour lors des dernières fouilles en 2018). Leur nombre est tellement important que les archéologues pensent qu'il y avait une officine de fausse monnaie.
Dans l'Histoire, les faussaires furent actifs dès le 6ème siècle avant notre ère et la naissance de la monnaie. A l'époque romaine, l'or, l'argent et le bronze ont été copiés. La technique la plus simple consistait à fabriquer une empreinte à partir d'une pièce originale puis à couler la monnaie dans un moule en sable, en plomb ou en terre cuite. Cette méthode fut utilisée dans nos régions surtout au 3ème siècle de notre ère.

© SPW DGO4
©SPW DGO4

 

 

 

 

 

 

 

 

La fin du 3ème siècle est marquée par les défaillances du système politique, militaire et économique de l'Empire romain. Nos contrées n'échappent pas à cette instabilité.
Le site de Vertunum semble avoir beaucoup souffert des migrations germaniques au 4ème siècle. En effet, les traces d'incendie sont nombreuses mais également l'enfouissement de ce que l'on appelle les "trésors" monétaires : dans ces périodes troubles, les habitants ont enfoui leur argent (à la base des murs par exemple). On peut supposer qu'ils n'ont pas survécu car leurs économies sont restées cachées, jusqu'à leur mise au jour par les archéologues près de 2000 ans plus tard.

Le Moyen Âge et les Temps Modernes

A partir du 12ème siècle, une nouvelle bourgade se développe progressivement au nord du vicus romain. Il s'agit de Vertun.

Plan de Virton au douzieme siècle

Les traces de la ville médiévale sont encore bien visibles aujourd'hui :

  • La première église de la ville médiévale se trouvait au centre de l'actuelle place Nestor Outer. Elle aurait été fondée en 1097 par Arnoul, comte de Chiny. A l'origine, elle était ceinturée par un cimetière qui restera en activité jusqu’au 17e siècle au moins. Toutefois, un cimetière est attesté à son emplacement actuel dès le 14e siècle . L'église fut incendiée à plusieurs reprises, notamment en 1481 et 1542. En 2012, des fouilles ont été réalisées sur la place et les archéologues ont mis au jour des fonds de tombes et des ossements. Ils ont ainsi pu déterminer le plan de l'église.
    En 1822, l'ancienne église est devenue trop petite et son état de conservation est jugé dangereux. Il est alors décidé d'en reconstruire une nouvelle qui sera terminée en 1833. Il s'agit de l'actuelle église Saint-Laurent, édifiée en style Néo-Classique.
  • Les textes historiques parlent d'un chastel associé aux murs de Verton (1258). Si ce mot fait bien référence à un château, aucun élément archéologique n'a été mis au jour.
  • En 1270, Louis V, le comte de Chiny, affranchit Virton à la Loi de Beaumont.

Cette charte d'affranchissement aboutit à la reconnaissance pour Virton d'un statut juridique de "ville neuve". Il ne s'agit pas là de la construction d'une nouvelle ville mais bien de la reconnaissance d'une certaine autonomie juridique et politique. La loi libère en effet la localité de toute servilité envers le seigneur du lieu et autorise l'élection de mandataires locaux (alors appelés les magistrats), en échange de redevances.
Le noyau fortifié se reconnait aisément dans le tissu urbain actuel : la circulaire périphérique rappelle l'emplacement de l'ancienne enceinte.
De même, le parcellaire intra muros de la ville conserve une trame d'îlots carrés, caractéristiques des villes médiévales, surtout dans le bas de l'ancienne ville.

  • La ville médiévale est donc fortifiée par un rempart cantonné de 11 tours semi-circulaires ;
  • Quelques éléments des tours sont toujours visibles et notamment la tour Layon (et le rempart), visible depuis la rue actuelle ;
  • Les anciens fossés du rempart correspondent aux rue d'Arlon, rue des Fossés, rue de la Roche, rue du Docteur Jeanty et rue Charles Magnette ;
  • Les anciennes portes ponctuent l'axe nord-sur de la rue principale médiévale, aujourd'hui la Grand-Rue : la Porte d'Arival (ou de France) et la porte de La Roche (ou d'Ardenne).

Il y a d'autres éléments architecturaux, aujourd'hui disparus, dont nous connaissons l'existence ou dont la toponymie des rues conserve le souvenir :

  • Une halle est explicitement attestée à partir de 1403-1404 (même si nous savons qu'il existe un marché depuis le 12ème siècle) et fut détruite sous l'occupation française.
  • Les noms de certaines rues comme la rue de la Brèche ou la rue des Remparts nous laissent imaginer la physionomie de la ville.
  • Dans Virton, il est encore possible de voir des caves datant du Moyen Âge, sous des maisons plus récentes (18ème siècle, par exemple), comme, par exemple, les caves du restaurant l'Entre Nous
  • Rue de la Poste : une façade possède deux entrées de caves, chacune éclairée par une petite fenêtre. Une série d'arcs en pierre calcaire permet de descendre les quelques marches menant à la cave (On retrouve les mêmes aménagements dans les entrées de cave de Marville - 16ème siècle)
  • En élévation, on peut encore observer des traces anciennes, comme la maison millésimée 1702 au numéro 50 de la Grand-Rue. A l'arrière, on peut y voir une tourelle d'escalier de la fin du Moyen Âge ou du début du 16ème siècle.
  • En 1577, un moulin à poudre s'installe dans les "faux bourgs" de Virton. Il sera transformé en scierie une centaine d'années plus tard. En 1797, l'ensemble est réaménagé comme en témoigne un millésime gravé à l'intérieur. Le bâtiment sera réaffecté en moulin à tan, aux alentours de 1875.
    Jean Naisse rachète l'ensemble en 1928 et modernise l'installation pour les besoins de sa scierie hydraulique qui fonctionnera jusqu'en 1969. Le moulin a conservé sa roue à aubes et sa machinerie datant de 1825. A gauche du moulin, un corps de logis, lui aussi du 19ème siècle, est accolé à l'ancienne tannerie, dont les neuf baies rectangulaires rappellent la fonction première du bâtiment.

    moulin à poudre


    En 1990, le site et les bâtiments sont classés par la Commission Royale des Monuments et Sites.
  • 1388 : les textes parlent explicitement de l'implantation du cimetière (à son emplacement actuel) et de la construction d'une maison-dieu dont la gestion est confiée aux Croisiers.
    Normalement, au Moyen Âge, les cimetières se situent autour des églises : c'est une tradition médiévale qui symbolise l'union spirituelle entre les vivants et les morts. A Virton, cependant, la nécropole est située au nord de la ville sur une colline qui lui fait face. Les deux mondes, celui des morts et des vivants, se trouvent ainsi à la même altitude.

A la fin du Moyen Âge, la population s'installe hors des murs, au-delà des deux portes : en direction du cimetière au nord, de Vieux-Virton au sud et dans la vallée du Ton et le quartier des Houplons.
Au terme de nombreux conflits, les 16ème et 17ème siècles voient l'émergence des Etats modernes et la fixation des frontières.
A la fin de la guerre de Trente Ans, en 1657, le Prince de Chimay et Gouverneur du Duché de Luxembourg ordonnent aux Virtonnais de démolir leurs fortifications. Et, en 1659, le traité des Pyrénées cède à la France une partie de la Lorraine (Montmédy, Damvillers,...) isolant ainsi Virton de la Lorraine française.
Cette démilitarisation de Virton a pour conséquence le démontage progressif des remparts dont les pierres sont réutilisées dans de nouvelles constructions.
Dans les fossés, on construit des maisons et on aménage des jardins (rue d'Arlon, rue des Fossés, rue de la Roche, rue du Docteur Jeanty et rue Charles Magnette). Les portes de la ville n'ont plus d'utilité et sont détruites : la Porte de la Roche à partir de 1755 et la Porte d'Arival en 1828.

1848 : la révolution virtonnaise proclame la République

La situation dans nos contrées est un peu plus complexe qu'au centre et au nord. En effet, depuis 1839 (seulement), les deux Luxembourg sont séparés. Notre région devenant officiellement une province belge. Or, certains en Gaume, auraient souhaité un rattachement à la France.

Dans la nuit du 19 au 20 mars 1848, suite à une réunion bibitive dans un café du centre (Café Dumonceau), quelques jeunes décident de proclamer la république et de planter le drapeau rouge sur le clocher de l'église. Parmi les participants, Victor Maréchal, fils du notaire.
Le curé, de peur que l'église ne soit saccagée, leur donne les clés et sonne les cloches. Cela marque le début de l'émeute.
On observe une certaine passivité, voire une complaisance, de la part des autorités locales à l'égard de ce mouvement populaire, alors qu'elles auraient dû intervenir pour stopper la "révolution". Cette neutralité est en fait un appui tacite aux émeutiers.
Le 25 mars, un soldat parvient tout de même à enlever le drapeau rouge. Un renfort de 250 hommes vient en effet d'arriver à Virton. La courte révolution virtonnaise prend fin, sans avoir fait une seule victime.
Ces incidents, à la fois comiques et insignifiants, démontrent l'esprit frondeur virtonnais.

Les raisons de cette "révolution"

La Révolution de 1830, pour le Sud-Luxembourg, fut une catastrophe économique. Brusquement, la frontière avec la France établissait des droits douaniers et coupait les échanges commerciaux avec Montmédy, Sedan, Charleville, Thionville,... qui servaient de débouchés séculaires pour les produits les plus élémentaires de la vie quotidienne. Plus de débouchés au sud et pas encore de débouchés au nord, vu l'absence de relations commerciales bien établies. Le paupérisme et la famine furent l'héritage direct pour le peuple de cette indépendance qui fabriqua d'un côté deux Luxembourg pour les besoins des grandes puissances et, de l'autre, traça à partir du pays gaumais une frontière politique "indépendante" des réalités économiques et sociales qu'elle transgressait.
Il est à noter que ce mouvement de grogne de 1848 gagne quasi tous les peuples européens. On l'appelle aussi "le printemps des européens". En France, cette révolution va substituer la IIème République de la Monarchie de Louis-Philippe.

Epoque contemporaine

La décision de relier Virton au réseau ferroviaire est prise le 1 décembre 1866. Saint-Mard devient alors garde formation et le point de jonction de deux lignes de chemin de fer : la ligne 155 (Marbehan - Virton - Lamorteau : lle sera transformée en Ravel) et la ligne 165 (Athus - Meuse).
En outre, la ligne vicinale reliant Arlon et Ethe complète le réseau. Elle sera désaffectée en 1935.
La mise en service de ces voies ferrées aura plusieurs conséquences pour Virton et sa région :

  • Désenclavement de Virton et de tous les villages ;
  • Renouveau économique
  • Urbanisation de la ville : construction de l'Avenue Bouvier. C'est Philippe Bouvier, député libéral de Virton, résidant du château de Rouvroy, qui fit percer l'Avenue Bouvier en 1875-1880, sur une décision du Conseil communal. Son cheval de bataille fut, entre autres, la construction d'une ligne de chemin de fer reliant Virton à la ligne ferroviaire Bruxelles - Arlon - Luxembourg. L'Avenue a pour but de relier la gare de Virton Saint-Mard au centre-ville.
  • Urbanisation des villages : de nouveaux quartiers sont construits pour loger les nombreux cheminots (Par exemple : la Cité Maubonne)
  • Embourgeoisement de l'Avenue Bouvier et du Faubourg d'Arival, notamment avec la construction de maison de maîtres.

La Grande Guerre

Le 04 août 1914 a lieu l'invasion allemande dans le Sud-Luxembourg. Deux armées allemandes se retrouvent face à deux armées françaises.


Le 22 août, un affrontement dantesque (que l'on appellera la Bataille des Frontières) enflamme un front continu de 80km allant de Maissin à Baranzy.
La région de Virton est l'épicentre des combats. Près de la ferme de Bellevue, sur les hauteurs d'Houdrigny, dans les villages de Belmont et Ethe et enfin sur la crête de Gévimont pour terminer dans le village de Bleid.
Le désastre humain est impressionnant : plus de 27.000 soldats et officiers français tués ou disparus et 13.000 côté allemand. La France considère la journée du 22 août comme la journée la plus meurtrière de toute la Grande Guerre.

Assassinats et crimes de guerre

Des soldats français blessés et réfugiés dans une ambulance à Gomery (ferme Lambert) sont massacrés, tandis que du 22 au 24 août, 282 civils, habitants de Ethe et Latour, sont brûlés, asphyxiés ou fusillés.
Les destructions matérielles sont tout aussi importantes. Les fermes et les maisons sont incendiées et dans le petit village de Ethe-Belmont, ce sont 256 maisons qui sont détruites.

Devoir de mémoire

De nombreuses fosses communes sont creusées directement après les combats par les habitants eux-mêmes. Aujourd'hui, plusieurs cimetières militaires franco-allemands témoignent de la violence des combats. Les nombreuses commémorations qui se déroulent tous les ans en août ont pour but un devoir de mémoire.
Le souvenir de la Grande Guerre reste très vivace dans la mémoire collective virtonnaise. Par exemple, à Ethe, tous les 22 août, l'entièreté des tombes du cimetières sont fleuries par les familles du village.

La fusion des communes

La fusion des communes s'enclanche en 1974 et 1975 par une mesure législative qui vise à regrouper les communes (ou municipalités comme dit en Gaume), les ramenant de 2359 à 589.
Cette mesure était risquée lorsque l'on connait le caractère d'indépendance et la volonté traditionnelle d'autonomie des communes belges. 
En effet, la Belgique est avant tout un pays de communes où, depuis le Moyen Âge, l'entité locale gère les destinées des habitants et la défense de leurs droits.
L'article 450 de l'Arrêté Royal du 11 septembre 1975 arrêtant la nouvelle Ville de Virton est ainsi libellé :
"1. Les communes de Virton, Bleid, Ethe, Latour, Ruette et Saint-Mard sont fusionnées en une nouvelle commune qui portera le nom de Virton.
La nouvelle commune est autorisée à porter le nom de ville. [...]
".
Les élections communales eurent lieu le 10 octobre 1976. Le soir du 10 octobre, les résultats du scrutin de la nouvelle commune étaient annoncés à l'Hôtel de Ville avec une majorité absolue en faveur du PSC.
Le 02 janvier 1977, le Bourgmestre élu Joseph Michel, (également père de la fusion des communes) ouvre la séance du premier Conseil communal et donne connaissance de l'Arrêté royal du 3 décembre 1976.

Le blason

Depuis le Moyen Âge, les villes affranchies ont possédé leur drapeau et leurs armoiries. Dès le lendemain de la fusion des communes, Virton se devait de dessiner son nouveau symbole, mémoire de son passé historique.
Le problème délicat était de pouvoir faire figurer les emblèmes et les armoiries de la nouvelle cité avec les éléments issus des anciennes communes, car elles avaient également leur passé et leur fierté.

L'ancienne commune de Virton

Historiquement, Virton possède ses armoiries depuis 1602 : le sceau présente un écu gueules à deux flèches d'or posées en sautoir ayant pennes et dards d'argent, les pointes vers le bas, avec la légenre "Sigillum magistratus Virtonensis".
Les armoiries sont confirmées par Léopold 1er le 17 janvier 1839.

Pourquoi des armes ?

Elles pourraient faire allusion aux sièges soutenus durant les guerres de Charles-Quint. Les flèches vers le bas indiqueraient que la ville assiégée se serait vaillamment défendue.
La légende raconte en effet que ces armes ont été accordées par Charles-Quint lui-même suite au siège 1521 qui aurait mis en échec l'armée de Robert de la Marck, allié du Roi de France.

Le nouveau blason

Dès lors, lorsque le Conseil communal a dû choisir un nouveau blason pour la Ville, plusieurs propositions ont été faites :

  • La première était d'intégrer les blasons et drapeaux des autres entités, mais très vite l'exercice est jugé trop compliqué.
  • La seconde est d'adopter les armes concédées à Saint-Mard en 1902, sur lesquelles on brocherait l'écu virtonnais. Après débats, cette solution est également abandonnée.
  • Enfin, la troisième consistait à conserver le blason de l'ancienne Ville de Virton et d'y ajouter une couronne comtale à 9 perles, rappelant les comtes de Chiny, fondateurs de Virton.

Dans les procès-verbaux des Collèges et Conseils, on peut y voir que les couleurs ont aussi été discutées pour le drapeau de la Vile. Certains auraient voulu y voir le vert et le blanc. Mais il a été précisé qu'elles n'ont aucun fondement historique ni héraldique puisqu'elles ont été choisies en 1930 par le comité des fêtes et que ce sont en réalité les couleurs du football. Il est donc décidé de choisir un drapeau à fond rouge avec un sautoir jaune.
La troisième proposition est votée et transmise au Ministre de l'Intérieur mais est refusée par la tutelle, la couronne comtale posant problème.
Dès lors, le Collège propose d'y apposer une couronne murale en forme de remparts dominés par des créneaux en considération de la qualité de "ville que possède Virton" et de ses anciens remparts. Cette proposition sera acceptée par la tutelle.

 

 

 

 

Sources

  • Le blason de Seigneurs de la Grange au Bois, dans Chroniques du Musée Gaumais, n°79, Virton, 1966, p. 2.

  • GEVAERT E., Héraldique des Provinces belges, Vromart & Cie, Bruxelles, 1918.

  • HENROTAY D., HOSSEY G. et WARZEE G., Le Patrimoine de Virton, Carnets du patrimoine, Institut du Patrimoine Wallon, n°71, Namur, 2010.

  • LAMBERT G., MICHEL J., e.a., Histoire de Virton. Des origines à l’an 2000, éd. Musée Gaumais, Virton, 1998.

  • LAMBERT G., Le Luxembourg romain. Documents choisis, s.l., 1990.

  • ROGER P., Notices historiques sur Virton, 1932.

  • GARSOU J., Révolution de 1848 à Virton et dans le sud du Luxembourg, dans Le Gletton, mensuel de la Gaume et d’autres collines, n°181 à 184, 1991.